Antennes et feeders accordés
Par Serge MALLET (F6AEM)
1 Généralités sur les lignes
1.1 Impédance caractéristique dune ligne bifilaire : (Fig.1)
k est un coefficient
dépendant de la nature de lisolant : ![]()
= constante diélectrique de lisolant.
Pour lair, k=1
1.2 Rapport dondes stationnaires (ROS) : (Fig.2)
Zt = Impédance de la charge
Trois cas se posent :
1.2.2 Zt < Zc ![]()
1.2.3 Zt = Zc
...Obligatoirement
!
1.3 Coefficient de vélocité et longueur électrique (Fig.3)
Dans une ligne, les ondes ne se propage pas à la même vitesse que dans lair ou lespace; elles sont ralenties par les constituants de la ligne et la présence des isolants. Le temps nécessaire pour parcourir une même distance est de ce fait plus long.
Si c est la vitesse dans lair, (c=300 000 000 Mètres/seconde),
Si v est la vitesse dans la ligne,
le rapport des vitesses
est appelé coefficient
de vélocité. Il est toujours inférieur à 1
pour un isolant homogène.
En ce souvenant que la longueur donde
correspond à la distance parcourue par londe
pendant une période, on peut conclure que la longueur donde
électrique
dans
la ligne est plus courte que la longueur donde
dans lair.
![]()
Nous pouvons également conclure que pour loger un même nombre de périodes sur une ligne que dans lair, celle-ci devra être raccourcie selon le même coefficient.
Nous pouvons donc raisonner en longueur donde dans lair, mais devrons lors de la réalisation finale intégrer le coefficient de vélocité, et à linverse ramener les répartitions dondes dans une ligne à celle quelles auraient normalement dans lair.
132 Longueur donde électrique de la ligne :
Cest le rapport entre la longueur
géométrique L de la ligne et la longueur donde
dans celle ci.
![]()
On peut également lexprimer en
angle électrique
dans la ligne par rapport à
, sachant que
une période, donc une longueur donde correspond à
360 degrés.
![]()
En radians, ![]()
2 Impédance et tension le long de la ligne
![]()
2.1 Charge purement résistive :
2.1.1 Rt=Zc : (Fig.4)
Cest le cas de la ligne adaptée à sa charge. En tous points de la ligne, limpédance, donc la tension restent constantes. La ligne travaille en régime dondes progressives.
2.1.2 Rt différente de Zc :
La ligne nétant pas adaptée à sa charge, il sétablit alors un régime dondes stationnaires, avec des noeuds et des ventres de tension et de courant, qui comme pour toutes ondes sont distants les uns des autres de un ¼ donde (électrique dans la ligne). Nous devons donc en conclure que limpédance de la ligne nest alors pas constante et quelle passe elle même par des minimum et des maximum. Ceux-ci sont des résistances pures, dont les valeurs sont :
et ![]()
2.1.2.1 Rt>Zc : (Fig.5)
Aux bornes de la charge, nous sommes à
un maximum de tension, donc dimpédance, dont la
valeur est
.
En parcourant la ligne, de la charge vers le générateur,
nous trouvons à un ¼ donde électrique un minimum
de tension, donc dimpédance, dont la valeur est ![]()
Entre ces deux points de résistance pure, la ligne présent une impédance capacitive.
En avançant à nouveau de un ¼ donde, nous trouvons à nouveau un point de résistance pure de valeur maxi, Rmax. Entre ces deux points, limpédance est selfique.
Et les mêmes phénomènes se
reproduisent comme au départ de notre voyage depuis la
charge : répétition toutes les demi-ondes, et inversion
tous les ¼ donde. Ceci jusquaux bornes du générateur,
qui selon sa distance par rapport à la charge, pourra se
trouver à un point de résistance pure, qui sera mini ou
maxi, tout autant quà un point dimpédance
selfique ou capacitif.
2.1.2.2 Rt<Zc : (Fig. 6)
Aux bornes de la charge, nous sommes à
un minimum de tension, donc dimpédance, dont la
valeur est
.
En parcourant la ligne de la charge
vers le générateur, nous trouvons à un ¼ donde
électrique un maximum de tension, donc dimpédance,
dont la valeur est
.
Entre ces deux points de résistance pure, limpédance est cette fois selfique.
En poursuivant de un ¼ donde, ce qui correspond à une demi-onde depuis la charge, nous trouvons la répétition dimpédance Rmin.
Entre ces deux derniers points, limpédance est ... capacitive.
Et ainsi de suite jusquau générateur.
CONCLUSION IMPORTANTE
Aux pertes près sur les amplitudes, mais qui restent minimes, létude des lignes dans leur deux premiers ¼ donde depuis la charge est suffisante, les phénomènes se répétant toutes les demi-ondes.
Une ligne demi-onde répète à sa sortie la charge appliquée à son entrée
1er exemple :
Zc = 300 Ohms
Zt = 75 Ohms

2ème exemple :
Zc = 75 Ohms
Zt = 1200 Ohms

Notez les transformations
importantes des valeurs de Zc ........ et qui vont se répéter
tous les ![]()
1ère application :
Quelle doit être limpédance caractéristique dune ligne demi-onde (électrique... bien sur !), adaptant une charge de 75 Ohms à un générateur de 75 Ohms ?
Aucune importance, car quelle-que-soit limpédance de la ligne, elle répète sa sortie sur son entrée.
Comparez avec les exemples 1 et 2.
2ème application :
Comment adapter un émetteur dimpédance Re = 75 Ohms à une charge Rt de 4 800 Ohms ?
La solution passe par lutilisation
dun transformateur à lignes ¼ donde (ou
multiple impair de
, qui sont dailleurs des lignes
prolongées de
tronçons de ligne
: ... et comme ces derniers ne changent rien
au problème ... ce que nous savons maintenant...!).
En posant

En faisant :
et en simplifiant par ROS,
![]()
Soit en remplaçant par les valeur numériques choisies,
![]()
Une ligne ¼ donde de 600 Ohms adapte 75 Ohms à 4 800 Ohms et réciproquement, 4 800 Ohms à 75 Ohms.
CONSTAT:
Pour un ROS donné, les impédances le long de la ligne sont conjuguées les unes aux autres.
Pour une longueur donnée de la ligne, limpédance dentrée détermine celle de sortie et réciproquement.
2.2 Cas particulier des lignes ouvertes ou fermées:
![]()
![]()
![]()
Valeur de Z selon la longueur électrique de la ligne:
a ![]()
0° < a < 90°
Capacitive
90° < a < 180°
Selfique
180° < a < 270°
Capacitive
270° < a < 360°
Selfique
Noter la périodicité de 180°
déjà vue précédemment,
ainsi que linversion tous les 90°
.
Exemples:
Ligne ouverte à
![]()
Ligne ouverte à ![]()
![]()
Ceci confirme bien le calcul de Rmin vu précédemment.
Un calcul analogue pour
nous conduirait
à
...
heureusement..!
2.2.2 Ligne fermées à une extrémité (court-circuit):
![]()
![]()
![]()
![]()
Valeur de Z selon la longueur électrique de la ligne:
a ![]()
0° < a < 90°
Selfique
90° < a < 180°
Capacitive
180° < a < 270°
Selfique
270° < a < 360°
Capacitive
Là encore, noter les inversions 90°
et les répétitions ![]()
2.3 Charge quelconque :
Cela équivaut coté charge : à raccourcir (charge
capacitive) ou à allonger (charge selfique) dun
tronçon de ligne égale ou inférieur à
, ouverte ou
fermée selon les constituants de limpédance
terminale.
Il y aura alors simplement un déphasage, compris entre 0 et 90°, par rapport à tout ce qui à été vu durant cette étude.
3 Rappels à propos des impédances
3.1 réactances :
3.1.2 Inductance :
Cest limpédance Xl dune self de valeur L, à une fréquence F.
w ![]()
en pratique, on peut exprimer Xl en Ohms, F en Mhz, L en µH.
3.1.2 Capacitance :
Cest limpédance Xc dun condensateur de valeur C, à une fréquence F
w ![]()
en pratique, on peut exprimer Xc en
Ohms, F en Mhz, C en µF.
3.2 Impédance série :
3.2.1 Circuit R, L série : (Fig.9)
Soit un résistance R en série avec une inductance Xl.
On écrit
. Le terme imaginaire +j indique
que la tension aux bornes Xl est en avance de phase de +90°
par rapport à celle aux bornes de R. Cela rappelle que lon
ne peut faire la somme directe R+Xl:
![]()
le déphasage résultant est ![]()
3.2.2 Circuit R, C série : (Fig.10)
Soit une résistance R en série avec une capacitance Xc.
On écrit
. Le terme imaginaire -j indique
que la tension aux bornes Xc est en retard de phase de -90°
par rapport aux bornes de R. Cela rappelle que lon
ne peut pas faire la somme directe R + Xc.
![]()
Le déphasage résultant est ![]()
Les impédances capacitives étant négatives,
on pourrait donc écrire ![]()
3.2.3 Circuit R, L, C série : (Fig.11)
On peut généraliser la réactance série
Xs comme étant ![]()
![]()
![]()
- Si Xc>Xl, la réactance est capacitive, Zs est capacitive
- Si Xl=Xc, la réactance est nulle, Zs est une résistance pure.
Nous trouvons ici la notion de résonance, ou daccord: Xl = -Xc
Fig.1

Î |
k |
|
1 |
1 |
|
5 à 7.5 |
0.36 à 0.45 |
|
2 à 3.5 |
0.53 à 0.7 |
|
6 à 7 |
0.37 à 0.4 |
|
4.4 à 6.5 |
0.39 à 0.48 |
|
2.4 à 2.9 |
0.59 à 0.65 |
|
2 à 2.4 |
0.64 à 0.7 |
|
@ 2 |
@ 0.7 |

Fig.3

Fig.4

Fig.5

Fig.6

Fig.7 : Ligne Ouverte

Fig.8 : Ligne Fermée

Fig.9 : R, Ls


Fig.10 : R, Cs


Fig.11 : R, Ls, Cs


A la résonance :


C.F. lignes § 2.1.2
En tous points de la ligne :
![]()
![]()
Exemple :

