BOITE DE REGLAGE DANTENNES
" TOUS TERRAINS "
Pour expérimentation
Par Serge MALLET, F6AEM
I - Généralités
Cette boite dadaptation, à lorigine dun type symétrique (Cf. note 1) classique série-parallèle genre F3LG, a rapidement évolué par plusieurs astuces et autres conceptions, pour répondre à toutes mes expérimentations dantennes, toujours alimentées par des lignes bifilaires, quelles soient dipôles, Lévy, boucles, quad, ZL, W8JK, HB9CV, Yagi, pyramides et même ground-plane (Cf. note 2).
Les coupleurs traditionnels en L, T, PI, Z-match et autres transmatches ne permettent pas des adaptations souples sur des impédances fortement réactives ou des charges même résistives (mais oui, il en existe parfois, comme à ce jeu où, 100% des gagnants ont tenté leur chance), dont le ROS dépassait 4 ou 5, sans de difficiles mise au point et de profondes modifications.
De plus limpédance au bas de la ligne de M. X qui a décrit sa boite, avec 3,1416 spires sur la bobine, CV réglé sur la division 007, pour la fréquence de 14 163,823 KHz, nest jamais celle de M. Y, qui le pauvre, veut faire rayonner sa FD4 ou sa G5RV alimentée par 7,078 mètres de coaxial 52,23 Ohms, sur 10 140 KHz (bande que le concepteur et de la boite et de lantenne, navait pas encore prévue ...!). Les butées sont rapidement atteintes (celles des CV et celles de lOM), car il y a toujours au moins une, sinon plusieurs bandes (au hasard... WARC) ou même portion de bande (encore au hasard...!, entre 28 et 30 MHz) qui refuse systématiquement de se laisser dompter. (Cf. note 3)
Finalement lapproche duniversalité nécessite plusieurs cellules de transformation à la suite (Cf. pour exemple larticle et les diagrammes de F6ELM, Radio-REF de juin 1983). Un vrai tableau de bord pour piloter ces petites merveilles, avec leur panoplie de selfs, CV(s) et autres commutateurs et encore heureux quil ait fait beau et que les feuilles de larbre du voisin naient pas poussé entre temps, sinon adieu les préréglages (qui a dit que jexagère ?).
Je recherchais donc une solution permettant une extension simple des limites dadaptation de ce bon coupleur F3LG, fruit de la description qui va suivre, certes pas parfaite, et pas tout à fait universelle (elle nexiste pas encore, sinon cela se saurait...).
Elle savérait à lusage suffisante et permettait sur le terrain de brancher presque nimporte quoi à sa sortie et jusquà présent rien ne lui a
Par contre, il vaut mieux que le monde radioamateur et surtout professionnel ne la voit pas, tellement cette réalisation " provisoire " est restée provisoire, depuis 30 ans, avec châssis en contre-plaqué, (même pas verni), barrettes décartement des spires de certaines bobines en bristol perforé et jen passe et des moins bonnes...!
Bref, (comme elle na pas encore eu de pépin) venons en aux choses sérieuses. Le secret, cest lutilisation dun circuit oscillant autotransformateur en entrée et en sortie.
II - Principe Général
Une boite dadaptation dantenne (Antenna Tuning Unit des Anglo-saxons) doit remplir deux fonctions :
2- Transmettre avec le moins de perte possible, lénergie du générateur (ou au récepteur) de résistance interne Re vers la résistance pure de sortie Rs, obtenue lors de laccord et en assurant la transformation nécessaire de lune vers lautre. Cest la fonction " coupleur ".
Boite daccord, coupleur, sont en général dans le même boîtier et les deux fonctions en principes indissociables. Cest une affaire de vocabulaire dappeler lun par lautre ou encore: boite dadaptation, boite dantenne ou ATU. Tout cela est pratiquement la même chose et ne mérite pas de dégénérer en guerre des ondes...!
Soit un circuit oscillant (C.O.) constitué dune self dinduction (L), de résistance interne (R), en parallèle sur un condensateur (Cv), ensemble excité par un moyen quelconque sur une fréquence (F0)
Limpédance de charge sera regardée sous sa forme parallèle, ses constituants étant Rp, Lp ou Cp.(Cf. note 4)
3 cas se présentent selon les caractéristiques de cette charge :
Laccord du C.O. sur la fréquence de résonance nest pas modifié, mais il est dautant plus amorti que Rp est faible (nous y reviendrons).
2- Selfique, Lp et Rp.
Lp en parallèle sur L modifie laccord du C.O. La self résultante est plus petite que L. Pour retrouver la résonance, il faut augmenter Cv. Si la butée maxi. du C.V. est atteinte, il faudra même changer L par une self plus forte.
3- Capacitive, Cp et Rp.
Cp en parallèle sur Cv modifie laccord du C.O. La capacité résultante est plus forte que Cv. Pour retrouver laccord, il faut diminuer Cv. Si la butée mini. du CV est atteinte, il faudra même changer L par une self plus faible. (Cf. note 5).
Dans les cas 2 et 3, la charge réactive Lp
ou Cp est intégrée au C.O. En nommant Lo (de résistance
interne r) et Co les éléments self et capacité résultants
pour rétablir la résonance du C.O. et à la résonance
seulement, le C.O. est alors équivalent à une résistance
pure de valeur
(1)
la charge se ramène alors à la seule résistance
Rp. Cest la fonction daccord évoquée précédemment.
Notons que Ro et Rp étant en parallèle, lensemble
est un circuit équivalent à Ro en parallèle sur Rp,
de résistance équivalente Req telle que
(2)
Notons que :
2- Que Req contient 2 fois le
rapport
, donc dépend doublement du
facteur Q.
3- En comparant les formules (1)
et (2), nous voyons que tout revient à mettre en
série avec r résistance interne
de la bobine, une résistance
. Il
est donc inutile, dans certaines limites, de
soigner la qualité de la bobine (comme par
exemple utiliser du fil de grosse section, du
tube, parfois argenté), de toute façon, une
fois en charge, le facteur de qualité sera détérioré.
Le facteur Q dun coupleur doit en général
être compris entre 3 et 15, pour avoir une bande
passante suffisante
, ne pas se présenter
comme un court-circuit pour le générateur (ou lantenne),
ne pas se transformer en chaufferette par
circulation de courants trop intenses dans le C.O.
ni créer des surtensions que les composants et
isolants ne sauraient digérer. La section du fil
utilisé doit donc être simplement suffisante
pour passer le courant H.F., sans résistance
excessive. Il nest pas possible de demander
à une boite dantenne dêtre en plus
un filtre dharmoniques pour lémetteur
et un présélecteur pour le récepteur. Elle ne
peut pas avoir ces qualités là de manière
honorable car elle est déjà bien trop sollicitée
pour tenir correctement son propre rôle.
Pour un circuit parallèle : Q ![]()
Il est évident que si la charge, au lieu dêtre
branchée sur la totalité de la bobine L, constituée de N
spires, est branchée sur un point intermédiaire situé à N1
spires de la masse, les valeurs dimpédances (inductances
de Lp, capacitance de Cp et résistance de Rp)
vue par le C.O. se trouveront modifiées dans un rapport de
transformation
(Cf.
note 6)
De même, si le circuit est excité par un générateur (lémetteur) de résistance Re, tout ce qui a été démontré pour Rp sapplique à Re.
Dans la fonction coupleur, le générateur de résistance interne Re doit voir une charge de valeur égale, pour un transfert maximum dénergie.
Donc en final, il faudra que la charge que constitue le coupleur et la ligne ait une valeur Req égale à Re, (ou n fois proportionnelle si un système transformateur de rapport n est utilisé). Le circuit étant réciproque de manière bidirectionnelle (théorème des adaptations conjuguées), ladaptation sera donc conservée tant dans le sens antenne vers le récepteur (si celui-ci présente bien une résistance dentrée égale à celle de sortie de lémetteur, ce qui en pratique nest pas toujours vrai !)
Donc, selon le principe retenu, (Cf. fig. 2 et 3) de nombreuses combinaisons seront utilisables pour assurer le transfert correct de lénergie de lentrée Re, vers la sortie Rs , et réciproquement.
Le circuit pourra être employé en élévateur (Cf. fig. 2) ou en abaisseur (Cf. fig. 3) dimpédance, dans une limite correspondant au carré du nombre de spires de la bobine permettant de maintenir laccord du C.O.
En faisant varier le rapport
, donc le facteur Q
du circuit, nous faisons varier la valeur de la charge et en
changeant le rapport de transformation entrée - sortie, nous
trouverons de nombreuses solutions et nous retiendrons, de préférence,
celles qui restent dans la fourchette pratique des valeurs du
facteur Q évoquées plus haut.
Ce qui est valable pour une charge asymétrique, lest bien sûr pour une charge symétrique. Une self à point milieu constitue deux moitiés de transformateur constituant deux moitiés de transformateur couplant deux moitiés de charge Rs symétriques par rapport à la masse. (Cf. fig. 4 et 5).
Et rien nempêche ce circuit symétrique de ne coupler quune demi-charge, donc une charge asymétrique selon fig. 6 et 7.
Ne vous lavais-je pas dit que cette petite bête savait faire beaucoup de chose...?
III - Réalisation pratique
3.1 - Schéma (Cf. fig. 8)
Héritée, comme déjà indiqué, dune boite classique série-parallèle, 2 C.V. étaient en place. Une aubaine qui a été utilisée.
Le strap mobile St1 sert à refermer le circuit depuis son ancienne forme (antenne sur S1 et S2) pour le transformer en circuit parallèle, avec CV1 et CV2 en série.
Le strap St2 permet de court-circuiter ou pas un des C.V.
Lorsque St2 nest pas branché, CV1 et CV2 étant en série, leur capacité équivalente est plus faible et la démultiplication meilleure. En limite, la capacité résiduelle est elle aussi divisée par 2. Si cela ne suffit pas, St1 peut être remplacé par une capacité fixe Cx, de faible valeur, venant encore diminuer la valeur de condensateur.
Au contraire, St2 en place, la valeur de capacité daccord se trouve à son maximum. Si cela ne suffit pas, une capacité Cy peut très bien être branchée aux bornes du C.O. en B1 / B2 ou de lantenne en A1 / A2, augmentant ainsi la valeur de Cv.
Lutilisation de pinces crocodiles permet toutes les variantes possibles.
CV1 et CV2 sont de lordre de 150 pF.
L est constituée de plusieurs bobines interchangeables.
3.2 - Construction.
Le châssis est formé de deux plaques de contre-plaqué de 10 mm dépaisseur ( rien nempêche dutiliser des matériaux plus modernes et plus nobles du genre Plexiglas, permettant déchapper au style " concours Lépine " de ma propre réalisation...). Voir fig. 10 et 11.
Une plaque verticale de 250 x 140 mm sert de support pour les bornes (douilles bananes 4
mm pour les selfs, bornes mixtes douilles + serrage à vis pour les sorties antennes et les C.V.).
Dans le tiers inférieur, une plaque 140 x 90 mm est montée à léquerre de la première et sert de support aux C.V.
Le câblage se fait par larrière, avec des trous de traversée au niveau des C.V.
Lensemble peut être encastré dans une petite boite en plastique découpée en forme de L, pour protéger câblage et C.V. Une boite métallique est fortement déconseillée, car augmentant les capacités parasites et créant une boucle fermée, qui est une spire de couplage fortement absorbante. Le blindage ne se justifie pas, lénergie rayonnée étant toutes proportions gardées, bien minime.
Les bobines (Cf. fig. 9) sont montées sur des barrettes de contre-plaqué 5 mm, de 200 x 30 mm, portant les fiches bananes mâles. Leur longueur permet de dépasser la largeur de la plaque de châssis, de façon à les saisir facilement.
Les bobinages eux-mêmes proviennent de surplus pour certains, sont bobinés sur mandrin PVC pour dautres ou encore en lair, maintenus par des écarteurs.
Réalisation simple et classique selon les techniques habituelles et matériaux disponibles.
Les bobines du tableau suivant couvrent mes besoins. (côtes en mm) :
Self |
Spires |
Diamètre |
Longueur |
Ecartement |
Diam. Fil |
L1 |
6 |
40 |
120 |
20 |
1,4 |
L2 |
6 |
50 |
45 |
8 |
1,4 |
L3 |
14 |
60 |
90 |
6 |
2 |
L4 |
34 |
60 |
90 |
2,5 |
0,8 |
A titre dinformation et sur mon antenne genre Lévy denviron 2 x 20m, en V inversé, sommet à 7m du toit en zinc, 20m du sol, descente en twin-lead 300 Ohms aéré denviron 35 m, contre le mur de limmeuble et dans le chêneau, jutilise les bobines ci-dessus de la manière suivante (Cf. note 5 déjà citée) :
| L1 | 10 à 30 MHz | (Une bobine à spires plus serrées serait souhaitable) |
| L2 | 6 à 28,5 MHz | (29,7 avec Cx série de 40 pF) |
| L3 | 4 à 12 MHz | |
| L4 | Bande : 80m Bande : 160m, avec Cy en parallèle de 550 pF. (Une bobine plus importante serait souhaitable) |
Lécartement entre spires de L4 nétant pas suffisant pour laisser passer les pinces crocodiles, des lamelles de cuivre toutes les 2 spires, soudées symétriquement en décalé sur la bobine permettent les raccordements.
3.3 - Réglages
Comme mentionné précédemment et pour des questions de rendement, le facteur Q en charge doit être compris entre 3 et 15.
Il est donc souhaitable de choisir les combinaisons limitant le courant circulant dans le C.O. (Cf. note 7), donc les réglages utilisant le plus de self (donc le moins de capacité). Toutefois, jemploie en général L2 (fainéant...!) malgré un facteur Q atteignant 50 pour certaines bandes, sans constater de problème.
Raccorder lantenne et lémetteur à la boite, mettre en place les straps St1 et St2.
Allumer le transceiver et le régler sur la fréquence de travail en CW.
Mettre en place la bobine qui devrait logiquement couvrir la fréquence à régler.
Brancher la pince crocodile coté émetteur sur une valeur moyenne de self, de même pour les sorties antenne (symétriquement par rapport au point milieu).
Tourner le CV daccord jusquà passer par le maximum de bruit sur le récepteur, (ou donner le pic de résonance sur un grid-dip) moyennement couplé à la bobine.
Lorsque laccord est dégrossi, passer en émission et contrôler le ROS. En jouant sur la position des pinces de sortie antenne, puis de lémetteur, il sera rapide de trouver une combinaison donnant une adaptation parfaite.
Si laccord se trouve à une valeur égale ou inférieur à la moitié du C.V., vous pouvez enlever St2, ce qui augmentera la précision du réglage.
Dans les cas difficiles, si vous sentez que laccord arrive sur les butées de C.V. et à court de la bobine, utiliser lastuce de Cx en série (bande 10m) ou de Cy en parallèle (bande 80/160m) comme indiqué plus haut.
Avec un peu dhabitude, il ne faut guère, en général, plus dune minute pour trouver la bonne combinaison sur une antenne inconnue.
Ces réglages sont encore plus faciles avec un pont dimpédance du genre " noise bridge ", appareil par ailleurs indispensable pour qui sintéresse aux antennes et aux lignes, qui permet de connaître avec exactitude les valeurs Rp, Lp, Cp constituant la charge et donne encore plus de précision aux réglages pour des valeurs de ROS inférieures à 1,2 pour lesquelles les TOS/ROS-mètres courants manquent de sensibilité et tout cela et bien dautres choses encore, sans avoir à passer en émission. Nous arrivons alors à des pinaillage du dixième de spire (mais un ROS de 1,2 ne pose vraiment aucun problème).
Je connais quelques amis qui ont réalisé ce genre de pont et le laissent en permanence branché en réception avec un relais pour le court-circuiter lorsquils passent en émissions. Finis les joyeux " tiounes "!
IV - Retour H.F., courants de masse et symétrie.
La gaine du coaxial de liaison émetteur - coupleur ne demande quà se comporter comme une prolongation de lantenne et il est très difficile déviter une différence de potentiel dexister entre les extrémités, ce qui fait quil y aura en général des potentiels différents entre le point milieu du coupleur et le châssis de lémetteur, (sauf mise en oeuvre de techniques particulières permettant de créer pour lensemble de la station, une plate-forme de référence zéro volt H.F. totalement indépendante de lenvironnement).
Une première précaution pour éviter la circulation de tels courants peut consister à équiper le coaxial, coté coupleur, dun circuit darrêt de gaine, en lenroulant sur un bâton ou un tore de ferrite. Du RG 58 est bien suffisant pour nos puissances.
4.1 Résonance secondaire du conducteur antenne - ligne.
Pour toutes les antennes, lorsque par malchance (donc doffice selon la loi de Murphy), les dimensions depuis lextrémité de lantenne (point de tension final) en passant par le fil de ligne, jusquau châssis de lémetteur, correspondent à un nombre entier de ½ longueur donde, nous courrons vers les retours H.F. assurés, les accrochages et les brûlures sur les doigts et les lèvres, (voire sur les orteils pour ceux qui manipulent avec leur pied, selon l'abréviation de trafic..."SWOF"... bien connue des télégraphistes...!). Vu le nombre de bandes actuellement autorisées, il est impossible dy échapper pour une ou plusieurs d'entre elles. Ce phénomène est totalement indépendant du R.O.S. de la charge normale, le circuit considéré formant une antenne extérieure au circuit normal, qui ne subit pas linfluence du coupleur. Il faudra en général modifier les dimensions antenne ou ligne pour y remédier.
Un deuxième cas de résonance est celui qui se produit lorsque le point milieu du coupleur est relié à la terre. Pour peu que le système antenne - ligne entre en résonance sur des multiples impairs de quart donde, nous avons fabriqué bien involontairement une magnifique antenne Marconi à capacité terminale, à polarisation verticale, mais dont le rayonnement, hélas, influence plus ce qui entoure la ligne que les antipodes, (mais efficace pour exciter l'onde de sol sur les bandes basses, si la descente est bien dégagée).
En plus de ces deux cas, il y a beaucoup dautres causes découlement de courants H.F. indésirables le long des circuits dits de masse et ayant pour conséquence de créer ces potentiels et leur cortège de retour H.F., T.V.I. et autres interférences vers lenvironnement. Ils sont en général liés à des phénomènes de dissymétrie.
4.2 Dissymétries.
2- Dissymétrie de lantenne :
3- Dissymétrie de la ligne dalimentation:
4- Dissymétrie dues au rayonnement de lantenne sur sa ligne:
Chaque demi-brin de lantenne est parcouru normalement par des courants dégales amplitudes et en phase. Ils rayonnent les champs électromagnétiques correspondants.
Pour une antenne droite, (Fig.12), lorsque la ligne séloigne symétriquement par rapport à chaque demi-brin de lantenne, cest à dire perpendiculairement, le couplage entre l'antenne et la ligne est nul et le courant dantenne ninfluence pas le courant de ligne.
Pour une antenne en " V ", (Fig.13), les courants (I1 et I3) parcourant chaque demi-antenne peuvent être décomposés en deux vecteurs constituants, perpendiculaires lun à lautre. Les vecteurs verticaux (V1 et V3) sont en opposition de phase et sannulent mutuellement. Si la ligne se trouve dans la diagonale du " V ", les vecteurs horizontaux (H1 et H3) sont perpendiculaires à la ligne, et n'influencent pas les courants de ligne (I1 et I2).
Tout change lorsque la ligne est plus proche dun brin dantenne que de lautre. (Fig.14). Il ny a plus dannulation totale et le courant induit par l'antenne sur les deux fils d'alimentation (IA' et IA") sadditionne au courant de ligne dans un des fils (I1), mais se retranche dans lautre(I2). Des courants différents circulent alors dans chaque fil et la ligne rayonne. Des excès de courant se forment, qui ne demandent quà sécouler vers le point froid de linstallation, vers les circuits de masse et secteur, comme dans le cas de lantenne " anormale " évoquée au début de ce chapitre.
De tous les cas de dissymétries évoqués, cest en général ce dernier qui est le plus souvent rencontré, car il est toujours difficile de conserver la symétrie mécanique ligne - antenne sur des distances importantes. Il faut au moins une ½ onde déloignement de la ligne pour que le rayonnement de lantenne devienne négligeable, soit 40 mètres pour une antenne incluant la bande 80 mètres, ce qui est rarement possible !
4.3 Compensation de la dissymétrie.
La première chose consiste évidemment à résoudre les causes de dissymétries à leurs sources.
Une certaines compensation pourra être effectuée depuis le coupleur.
Divers moyens sont proposés pour visualiser le déséquilibre des courants. Le plus simple consiste à intercaler une petite lampe à incandescence dans chaque brin de la ligne, en sortie du coupleur. Des lampes pour automobile de type " navette " 12V / 7W conviennent très bien et sont capables de supporter une puissance dune cinquantaine de watts dans la ligne. Leur éclat identique est signe de léquilibre du système. Les déséquilibres seront corrigés en jouant sur les points de branchements de la sortie antenne. Du coté du plus faible courant, on augmentera le nombre de spires, inversement on diminuera du coté le plus fort.
Il faut noter que le sens du déséquilibre peut sinverser dune bande à lautre, car les phases des courants dantennes et de lignes sinversent, selon leurs longueurs respectives par rapport à la demi-longueur donde. Donc, ne pas se précipiter sur la pince coupante pour rétablir un équilibre mécanique.
A noter également que le rattrapage de symétrie en pied de ligne, sil évite le rayonnement de la ligne, ne peut quaccentuer le déséquilibre des courants dans les brins dantenne, donc distordre encore plus le diagramme de rayonnement. Voir au coup par coup si le remède nest pas plus nuisible que le mal... car, pour une ligne bifilaire, le rayonnement de la ligne reste de toute façon dans des valeurs très faibles par rapport à celui de lantenne. Ce rayonnement est celui dune antenne deux éléments type " W8JK " séparés par la distance entre les deux fils. Le calculs montre que pour une ligne 600 Ohms dont les conducteurs sont espacés de 15 cm et parcourue par un courant de 1 ampère (soit 600 Watts), sur 14 MHz, la puissance rayonnée est de 0,08 Watts (Cf. note 8).
Finalement, il est bien difficile de concevoir que les effets indésirables soient dûs au rayonnement de la ligne et non au rayonnement de lantenne elle-même pour tout ce qui baigne dans son champ, le reste des perturbations étant à mettre au compte des courants de masse indésirables évoqués qui, sils ne sont pas bloqués au niveau de la station, vont sécouler par le secteur et les prises de terre, qui sont autant dantennes rayonnantes annexes.
Se souvenirs que si certains de ces courants proviennent dune dissymétrie du système coupleur - ligne - antenne, dautres échappent complètement à laction du coupleur lui-même.
Une adjonction intéressante consiste à
intercaler entre le coaxial et lentrée coupleur,
donc dans la partie 50
, un système symétriseur du type "en
courant" , qui a depuis longtemps ma préférence sur
les symétriseurs "balun" habituels, en tension.
Un modèle 1/1 est représenté en figures 15 et 16.
Il est constitué de 2 enroulements "2 fils en main" d'une douzaine de spires, sur un bâton de ferrite ou sur un Tore 4C6 (Violet), de perméabilité d'environ µ=120.
Il remplace avantageusement le filtre de gaine évoqué plus haut, groupant en même temps les fonctions de symétrisation et de self de choc, il empêche les divers courants indésirables de circuler vers le transceiver.
Un modèle 4/1 pourra être réalisé selon le schéma du balun dit "F8CI", qui est aussi un symétriseur "en courant".
Noter que le balun "en courant" symétrise également un coupleur asymétrique, tel que circuit en "L", en "PI " ou en "T", et la ligne bifilaire en même temps, branchée entre le châssis et le point chaud de sortie (Fig. 17).
Attention, dans ce cas, le châssis par l'action du balun lui même connecté entre l'entrée et le châssis, porte celui-ci à un potentiel qui est à la moitié de la tension attaquant la ligne bifilaire. Dans ce cas, il faut isoler le châssis de la masse , et ne pas mettre de prise de terre sur la boite d'accord, le point froid de l'installation étant la masse du TRCV. Ne pas toucher ce châssis, ça brûle ! L'idéal est de réaliser le coupleur sans châssis.
Une autre application du balun en courant : il constitue un filtre très efficace pour empêcher la H.F. d'aller se promener chez les voisins par le secteur. Enrouler une rallonge électrique à deux fils, spires jointives, sur un bâton de ferrite d'une vingtaine de centimètres. Alimenter le TRCV au travers de ce filtre. Le fil de terre sera relié à la terre électrique au travers d'une self réalisée aussi sur ferrite, constituée de tout petit fil de fer sous gaine plastique (comme celui utilisé pour attacher le grillage de votre jardin). Nous obtenons ainsi une self de choc résistive, suffisante pour bloquer la HF, et en "brûler" les résiduelles. Par contre, vis à vis du 50 Hz, la sécurité électrique se trouve totalement conservée.
5- Pour conclure.
Ce coupleur a été présenté comme une réalisation expérimentale provisoire.
De nombreux amis lui ont donné une forme définitive, les pinces crocodiles remplacées par des contacts soudés, des commutateurs assurant le passage dune bande à une autre pour les diverses selfs. Les réglages ont été optimisés en fonction de leur propre antenne du moment.
Jose espérer quau delà de la description de ce coupleur tout à fait classique, les sujets annexes traités seront profitables à beaucoup.
Donc, bonne expérimentations, en connaissance de cause.
Note 1: Nous verrons plus loin quelle peut très bien fonctionner sur une charge asymétrique.
Note 2: Même en VHF et UHF, une ligne bifilaire, ou mieux 4 fils, de 1 cm despacement fait merveille, avec des pertes très en dessous de celles du meilleur des coaxiaux. Prévoir la boîte de couplage spécialisée.
Note 3: Lorsque cela arrive, essayer de remplacer le balun 1/1 par un 4/1 (voir § 5), ou encore mettre une capacité ou une self en parallèle, selon le cas, à lextérieur du coupleur, aux bornes de la ligne.
Mais lorsque lon utilise un coaxial comme ligne et si le R.O.S. est supérieur à 2, par pitié ne pas tenter de rattraper avec le coupleur. Certes, pour rayonner ça rayonne, mais cest le coaxial qui remplace lantenne : bonjour T.V.I. et autres interférences...
Note 4: Une impédance est une boite noire, présentant depuis ses bornes une tension, une courant et un déphasage entre les deux. Le contenu de la boite peut être garni déléments branchés en série ou en parallèle donnant des mesures identiques. Des formules simples permettent de transformer une impédance série en sa forme parallèle et vice-et-versa.
Note 5: Les butées de C.V. maxi. et CV mini. sont une limite des boites daccord. Une faible résiduelle demande un C.V. de faible valeur, mais qui devient alors incompatible sur des charges par exemple trop selfiques...
Sur les boites courantes, les commutateurs sont des commutateurs de selfs et non réellement de bandes. Il serait souhaitable davoir la mention de la valeur des selfs plutôt que des MHz qui ne veulent pas dire grand chose, car dépendant des réactances et résistances présentées en pied de ligne. De même, il est plus intéressant de graduer les C.V. en capacité plutôt quen dizaine de rien du tout. Cela permet de mesurer la valeur de C.V. pour laccord à vide et en charge et ainsi de connaître la valeur de réactance selfique ou capacitive apportée par le système à la fréquence de résonance considérée.
Note 6: En pratique, ce rapport de transformation nest pas tout à fait exact, le flux magnétisant nétant pas constant du centre vers les extrémités de la bobine et il y a une forte action des paramètres tels que diamètre, longueur, pas du bobinage, isolants, le tout variable en fonction de la fréquence.
Note 7: Dans un
circuit parallèle il se crée des
surintensités, proportionnelles au
facteur Q : si Xo est la réactance
de Lo ou Co , à la résonance,
.
Dans un circuit série,
cest exactement linverse, il
se crée des surtensions aux
bornes des éléments, proportionnelles
à
. Il faudra dans ce cas le
plus de capacité et le moins de self
possible.
IL Y A DONC MOINS DE RISQUES DE CLAQUAGE DES C.V. et des isolants avec un circuit parallèle qu'avec un circuit série. A puissance égale, les C.V. d'un circuit parallèle pourront avoir un inter-lames plus réduit. Mais du fait des courants importants dus à la surintensité, les fourchettes de contacts devront être d'excellente qualité pour ne pas rapidement devenir "crachantes". Je met toujours en parallèle sur celle-ci un petit colimaçon de fil souple de bon diamètre pour les protéger.
Note 8: Lorsque deux fils espacés dune distance D (en mètres) sont parcourus par un courant I (en Ampères), de longueur donde l (en mètres), la puissance rayonnée Pr (en Watts) est :
![]()
P.S. Je tiens à remercier vivement J. Christophe Rivière, en son temps SWL à Evreux, et devenu F5... depuis, qui a entièrement retapé l'essentiel de ce texte sous WORD, , et refait les schémas et dessins, à partir d'un de mes vieux "papier", suite à la défaillance de mon vieux système CPC , dans lequel les originaux étaient restés coincés il y a plusieurs années...!
Je dois avouer que je n'aurais pas eu le courage de refaire cette saisie, et cet article aurait été perdu sans son précieux travail.
FIGURE N°1

FIGURE N° 2 FIGURE N° 3

FIGURE N° 4 FIGURE N° 5


FIGURE N° 6 FIGURE N° 7
ANTENNES ASYMETRIQUES


FIGURE N°8

FIGURE
N° 9

FIGURE N° 10 et 11

FIGURE N° 12 et 13

FIGURE N° 14

FIGURE N° 15

FIGURE N° 16

FIGURE N° 17
